Pourquoi des références ?
Il est difficile de juger un candidat en quelques entretiens. Avoir l'avis d'une tierce personne est rassurant pour un recruteur.
La plupart du temps, le recruteur cherche à confirmer son impression ou tout simplement à se rassurer.
Qui va-t-il interroger ?
En France, les références demandées sont essentiellement des références professionnelles, alors que dans les pays anglo-saxons, il s'agit souvent de références personnelles voire de moralité.
Les références professionnelles sont des personnes avec qui vous avez travaillé (collègue, supérieur, subalterne) mais aussi des personnes d'autres entreprises (fournisseurs, clients). Pour les étudiants, il s'agit de vos professeurs.
Les références personnelles sont des gens de votre entourage, mais pas de votre famille. Un ami, par exemple.
Les références professionnelles...
- En théorie, il est interdit, pour une entreprise, de donner un avis sur un (ancien) salarié, hormis le certificat de travail.
- En pratique, il est extrêmement aisé de répondre à un coup de téléphone qui ne laisse aucune trace...
Si on vous demande des noms...
Dans la grande majorité des cas, le recruteur va vous demander de lui fournir des noms, le plus souvent en vous demandant de compléter un dossier dans lequel figurera une rubrique "références", mais il pourra aussi vous le demander directement. Vous devez, à ce moment là, être immédiatement à même de lui fournir les coordonnées de quelques personnes - il s'agit d'un geste naturel montrant que vous n'avez rien à cacher.
Si on ne vous en demande pas... méfiance !
Le recruteur peut aussi interroger une personne à votre insu, très poliment, sous la forme suivante, par exemple : mon directeur connaît Monsieur Untel de la société Truc dans laquelle vous avez travaillé récemment, ils ont parlé de vous... Tout à fait par hasard bien sûr !
Quelles questions va-t-il poser, comment va-t-il s'y prendre ?
Le peu des références est un jeu risqué. Le plus souvent, la question est ouverte :
" J'ai rencontré quelqu'un qui a travaillé chez/avec vous, il s'agit de Mr/Mme Untel, vous le/la connaissez je crois ? "
Une bonne réponse pourrait être : "Mr/Mme Untel, oui, bien sûr, comment va-t-il/elle ?"
Une réponse plus difficile pour vous serait : "Mr/Mme Untel, euh..., rappelez-moi qui c'est, cela ne me dit rien..."
Ensuite les questions vont se préciser, mais l'idée générale sous-jacente est la suivante : confronter le sentiment du recruteur par rapport à ce que lui dit votre référence et obtenir un avis de quelqu'un qui vous connaît sur l'adéquation au poste qu'il pense vous proposer ; par exemple :
"Nous préssentons Mr Untel pour un poste de Directeur Commercial. Qu'en pensez-vous ?"
Exemple de bonne réponse : "Mr Untel a tout à fait les capacités à être Directeur Commercial, toutefois il faut qu'il soit entouré d'une solide équipe technique. Nous lui aurions proposé le poste s'il avait été disponible." Cette réponse sous-entend que la question a déjà été envisagée (il faut qu'il soit entouré d'une équipe technique) et explique pourquoi le poste n'a été proposé.
Exemple de réponse difficile : "Cela ne nous surprend pas, cela fait cinq ans que Mr Untel espère passer Directeur Commercial...". Cette réponse sous entend que Mr Untel manque de dynamisme et n'était pas franchement pressenti pour ce poste. Qu'il espère... sans agir.
Comment se préparer au grand jeu des références ?
Il faut préparer vos références, deux ou trois par poste occupé. Vous définirez avec elles vos points forts et les points faibles (et la manière dont vous les corrigez), pour que vous soyez en phase.
Par exemple, vous êtes analyste programmeur, vous souhaitez passer chef de projet. Votre référence est un client dont vous assurez le support technique.
- "Pensez-vous que Mr Untel ferait un bon chef de projet ?"
- "C'est sûr, je pense qu'il a toutes les qualités requises, il est très persévérant, en particulier."
Comment amener le recruteur vers la bonne personne...
Si le recruteur vous demande des noms, il vous mâche le travail...
Si ce n'est pas le cas, donnez-lui en, naturellement, durant l'entretien ! Par exemple :
- C'est moi qui ai été responsable de la réponse à l'appel d'offres de la la société X. C'est la direction technique qui nous l'avait soumis. (il pourra aller interroger le directeur technique de cette société)
- J'ai travaillé en collaboration avec la Direction Marketing, qui était alors sous la responsabilité de Mr Untel, qui depuis a été nommé directeur général de la société XYZ.
- Mon client le plus difficile ? Le responsable des services généraux de la société ABC !
- J'étais rattaché à la Direction Financière, mais détaché à la Direction Informatique, et je travaillais avec Mr Untel qui gérait le système de gestion.
Vous veillerez évidemment à ne pas donner d'informations confidentielles mais uniquement des faits publics sur lesquels la société a communiqué (même en interne).
Et si une personne incontournable donne de mauvaises références ?
Cela peut arriver, surtout dans les petites sociétés. Il est assez difficile de s'en apercevoir, mais quelques signes peuvent vous mettre la puce à l'oreille : on ne vous donne brusquement plus de nouvelles, on vous interroge en particulier sur une société ayant marqué votre parcours...
Si c'est le cas, il faut toujours préparer votre interlocuteur pour éviter qu'il le découvre tout seul - c'est bien préférable - .
Par exemple :
- Nous nous sommes quittés en bons termes, mais la situation s'est dégradée par la suite à cause d'un arriéré de salaire non payé.
- Suite à mon licenciement économique, j'ai immédiatement été recruté par un de nos concurrents, mon ancien directeur l'a relativemnt mal pris.